
Cie ANAMNESIS-K
La compagnie ANAMNESIS-K, fondée en 2016 suite au Festival Cri de Femmes (2015), emprunte la voie du marronnage, tant dans son fonctionnement que dans son approche des corporéités. Le lieu de son émergence est la nature même : sa première création Kepone Dust est développée (répétitions, et performance) sur une plage. La fondatrice et chorégraphe choisit de danser dans l’espace public, considérant la disponibilité de lieux d’expérimentation proposés par l’environnement guadeloupéen. Facilement transposables dans des lieux dédiés, ses performances et créations chorégraphiques germent en marronnage dans le cadre de sa pratique du hors-les-murs constants (ses lieux de prédilection sont les sites naturels, l’espace public, les friches et ruines, etc.) : faire, faire-vivre, faire-émerger, faire advenir, faire-ressentir. C’est une déclaration d’indépendance, pour répondre à l’urgence d’une pratique thérapeutique, l’exigence d’une esthétique libératrice, d’un art réparateur.
Elle s’inscrit dans une démarche d’exploration historique, culturelle, mémorielle, et rituelle. Le corps noir doit être réinvesti d’une mémoire par le geste, le mouvement, la réincarnation de l’expérience ontologique, l’exploration du continuum de l’Atlantique Noire en faisant matière de toutes les formes chorégraphiques à sa disposition (traditionnel, contemporain, jazz, performance) et toutes les pratiques d’art qu’elles soient visuelles, artisanales, écologiques (récupération).

La Compagnie
De gauche à droite:
- Prisca Melyon-Reinette, danseuse-interprète.
- Yane-Rose Amélaïse Melyon (Ti-Anamnesis-K)
- Stéphanie Melyon-Reinette, Chorégraphe, danseuse-interprète
- Anaïs Makouke, danseuse-interprète

KEPONE DUST
« Kepone Dust » est le premier volet d'un triptyque intitulé « Kepone Experiment » qui propose au public des réparations symboliques et cathartiques. C'est une performance environnementale se produisant avec le lever du soleil, et initialement créée sur la plage de Saint-Félix en Guadeloupe, qui affiche bois, mangrove, plage, rivage et eau de mer. Les corps noirs traversent toutes ces couches de paysage et traversent divers états émotionnels et physiques. Noircis et enduits de mélasse, douloureux, tordus et bizarres, nocifs et aliénés, blanchis et poudrés, maintenant violemment heurtés, puis mourant lentement : une exploration des émotions et de la dynamique des corps noirs du Passage du Milieu à la lutte et la quête identitaire d'aujourd'hui, en passant par son exploitation du Sucre au Chlordécone (un pesticide mortel utilisé illégalement et abusivement dans les Caraïbes françaises des décennies après son interdiction en France métropolitaine). Ici réparer le passé est une voie émotionnelle à expérimenter ? Explorer la (post-)colonialité nécessite de nouveaux récits où les traumatismes – pancaribéens, spirituels, transgénérationnels, ethniques – sont exorcisés par une approche véhiculaire et esthétique. En tant que chorégraphe et interprète, cette rétrospective questionne l'impact du discours corporel et du regard du public.
« Kepone Dust » is the first performance of a triptych entitled « Kepone Experiment » which proposes symbolical and cathartic reparations to the audience. It is an environnemental performance happening with the sunrise, and initially created on Saint-Felix beach in Guadeloupe, which displays woods, mangrove, beach, shore, and sea water. The Black bodies passes through all these landscpae layers, and through various emotional, physical states. Blackened and molasses-coated, painful, twisted and freaky, harmful and alienated, whitened and powdered, now violently colliding, then slowly dying : an exploration of the emotions and dynamics of the black bodies from the Middle Passage to nowadays identity struggle and quest, passing through its exploitation from Sugar to Chlordecone (a fatal pesticide unlawfully and wrongfully used in the French Caribbean decades after its prohibition in Metropolitan France). Here repairing the past is an emotional path to experiment ? Exploring (post-)coloniality requires new narratives wherein the traumas – pancaribbean, spiritual, transgenerational, ethnic – are exorcized through a vehicular, aesthetic approach. As choreogapher and performer, this retrospective questions the impact of the bodily discourse and the audience gaze.

BLUE CODE — 2017
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JIRÓF (2017)
This performative and choreographic piece recounts the routes of gendered bodies in our Caribbean, postcolonial society. Female and male bodies confront each other in all their dimensions. In a melancholy of the solitudes thus created, a universe splits, two worlds confront each other... Matrifocality, a phenomenon specific to plantation societies, gives rhythm to this gentle chant... like a crowd of bodies jostling at the gates of understanding. The space is sometimes closed, sometimes communicating vases...
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Cette pièce performative et chorégraphique raconte les itinéraires des corps sexués dans notre société Caribéenne, postcoloniale. Les corps féminins et masculin se confrontent dans toutes leurs dimensions. Dans une mélancolie des solitudes ainsi créées, un univers se scinde, deux mondes se confrontent… La matrifocalité, phénomène propre aux sociétés issues de la plantation, rythme cette mélopée douce… comme une foule de corps qui se bousculent aux portes de l’entendement. L’espace est tantôt huis-clos, tantôt vases communiquant …

CLIMAX
Performance questioning the origin of the female orgasm. Introduced by an evolution of their masked and harnessed bodies on an excerpt from the book “Le secret des femmes. Journey to the heart of pleasure and jouissance" by Élisa Brune and Yves Ferrou (Odile Jacob 2012), a very physical dance involving mainly the hips and pelvis and crawling to ward off our renunciation of fundamental animality, the primitiveness where resides the force of desire and the creative energy of the human. Far from being devoid of sensuality and eroticism, Climax invokes clitoral power, mirroring the phallus's empowering dimension.
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Performance interrogeant l’origine de l’orgasme féminin. Introduit par une évolution des corps masqués et harnachés sur un extrait du livre «Le secret des femmes. Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance » d’Élisa Brune et Yves Ferrou (Odile Jacob 2012), une danse très physique engageant principalement les hanches et le bassin et la reptation pour conjurer notre renoncement à l’animalité fondamentale, la primitivité où réside la force du désir et l’énergie créatrice de l’humain. Loin d’être dénuée de sensualité et d’érotisme, Climax invoque la puissance clitoridienne, à l’instar de la puissance du phallus.

Ototeman (Performance triptych — 2020)
Dans le cadre d’un concert organisé par l’association Ici et Ailleurs, se rencontrent les violons des témoins de la Shoah et les Ka de l’Esclavage, le chant lyrique et les chants traditionnels Gwo ka. Des maîtres Ka épousent les voix des violons de musiciens guadeloupéens et israëliens. Représentation à Huis clos (diffusée en TV), en temps de Covid. 22 août 2020.
Ototeman naît de notre réflexion sur ce qui unit ces deux tragédies humaines : 1. deux histoires de déportation, ou les corps sont charroyés d’un territoire à un camp de travail forcé : Charrié. 2. Des stigmates sur les corps marqués par des signes pour dire la différence, l’opprobre, devenant insigne de communautés singulières et porteuses de mémoires de souffrance : Insigne et 3. Les totems que nous portons en nous que sont l’affranchissement et l’émancipation : Ototeman
